| Le combustible de l’avenir existe-t-il ?
Nuon
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Ludo van Halderen,
Chairman of
Nuon’s board |
Les scientifiques et les organisations de défense de l’environnement
affirment tour à tour depuis des années avoir trouvé le combustible
de l’avenir. D’aucuns claironnent que l’énergie nucléaire est la
solution d’avenir la mieux adaptée, avant d’annoncer une semaine
plus tard que les piles à combustible joueront un rôle clé face au
changement climatique. L’éthanol pourrait-il être la réponse à
l’ensemble de nos problèmes énergétiques ? Les technologies de
charbon plus propres domineront-elles le marché mondial des
combustibles au cours des 20 prochaines années ?
Pour Nuon, un acteur énergétique de premier plan aux Pays-Bas, qui
compte plus de 4 millions de clients néerlandais, allemands et belges,
le combustible unique de l’avenir est un mythe. La société s’efforce
plutôt de développer un portefeuille basé sur un « mix » de
combustibles. Et bien qu’elle contribue activement à la recherche et
au développement de technologies de combustibles plus propres,
Nuon se refuse à exclure quelque option que ce soit.
"les stratèges politiques éprouvent encore des
difficultés à appliquer ce même concept à une
exploitation optimale de chaque pays, notamment
par rapport au mix de combustibles."
L’écueil législatif
Pour Nuon, le développement technologique du mix de combustibles
des 50 prochaines années doit
reposer sur la notion d’équilibre,
un équilibre entre technologies
et ressources, allié à la prise en
compte de leur disponibilité et
de leur distribution
géographique et à un meilleur
savoir-faire en matière de
transformation de ces
ressources en énergie. Cet équilibre pose cependant des problèmes
aux gouvernements.
Alors que les mécanismes d’un marché européen unique sont
parfaitement compris et largement adoptés dans le secteur agricole,
les stratèges politiques éprouvent encore des difficultés à appliquer
ce même concept à une exploitation optimale des ressources
naturelles de chaque pays, notamment par rapport au mix de
combustibles. L’Europe traîne encore les pieds pour se doter d’un
marché des énergies renouvelables unique, dans lequel l’énergie
éolienne serait développée dans les régions où elle est la plus
logique, au lieu de verser des subventions importantes pour
l’implantation de fermes éoliennes dans des pays où ces dernières
fonctionnent à peine plus de deux mois par an.
Ayant anticipé un changement d’attitude dans ce domaine et la mise
en place d’une approche européenne visant à encourager la
production d’énergies renouvelables, Nuon s’est doté de 1996 à
2005 d’un portefeuille d’actifs éoliens en Espagne et en Norvège.
Après avoir réalisé que la modification tant attendue de la directive
sur les énergies renouvelables serait plus longue qu’elle ne l’avait
pensé, Nuon a cédé à contre-coeur ses actifs à des acteurs nationaux.
Cette situation illustre la nécessité d’une évolution rapide de la
législation européenne, si le vieux continent ne veut pas que ses
entreprises perdent pied dans la lutte contre le changement
climatique.
Le rôle des combustibles conventionnels
Que ce soit en termes de géologie ou de conditions
météorologiques, les ressources naturelles revêtent une importance
vitale, y compris en matière d’exploitation des ressources en
combustibles classiques. Les Pays-Bas dépendent des ressources en
eau de la Mer du Nord pour refroidir leurs centrales au charbon. Le
pays a également la chance de posséder le gisement de gaz de
Groningen, le plus grand de ce type en Europe. Cette combinaison
de gisements de gaz vides et de capacité en charbon confère au pays
un avantage indéniable dans le domaine du charbon propre. Nuon
investit ainsi aujourd’hui dans un projet de gazéification du charbon
multi-combustibles de 1200 MW, avec piégeage du CO2, qui sera
opérationnel d’ici 2011. La société se propose également d’installer
des infrastructures de piégeage et de stockage dans le cadre de
projets financièrement viables d’ici 2015.
Bien que les plans à base de charbon propre ne soient pas toujours
bien perçus par les organisations de défense de l’environnement,
cette usine multi-combustibles ne constitue pas aux yeux de Nuon
un compromis par rapport à ses ambitions environnementales. Dans
la mesure où l’Europe sera amenée à se doter de nouvelles centrales
au charbon, il serait logique que celles-ci soient basées aux Pays-Bas,
où le piégeage de carbone est économiquement faisable et où une
société telle que Nuon justifie d’un réel savoir-faire en matière de
technologie de charbon propre grâce à l’usine de gazéification du
charbon de 250 MW de Buggenum. La construction d’une nouvelle
centrale au charbon s’inscrit tout naturellement dans la solution du
mix de combustibles de Nuon nécessaire pour apporter à l’Europe
l’équilibre voulu dans ce domaine.
Ce même raisonnement s’applique selon nous à l’énergie nucléaire,
vis-à-vis de laquelle Nuon adopte une approche réaliste. Nuon n’a
encore aucune expérience de la gestion d’une centrale nucléaire et
les Pays-Bas, dans leur ensemble, accusent un retard important sur
leurs voisins européens, la Belgique, l’Allemagne et la France, dans ce
domaine. La nouvelle génération de réacteurs nucléaires est sur le
point de faire ses débuts sur la scène mondiale et leur exploitation
devra être confiée à des entreprises qui justifient d’une connaissance
intrinsèque de ce secteur.
S’ils ne peuvent rivaliser avec leurs voisins européens sur le plan du
nucléaire, les Pays-Bas sont à l’avant-garde de la recherche sur les
énergies renouvelables, telles que l’énergie solaire. Consciente de ce
potentiel, Nuon a récemment acquis une technologie de film mince
développée par Akzo Nobel qui permettra de commercialiser
l’énergie solaire à des prix compétitifs d’ici 5 ans. Nuon sait que la
plupart des panneaux solaires Helianthos seront exportés vers des
climats plus cléments et ne seront pas utilisés aux Pays-Bas ! Mais
comme l’expliquait l’AER (le Conseil consultatif du gouvernement
néerlandais) au printemps dernier dans son rapport au Ministère de
l’économie, il ne suffit pas d’appuyer telle ou telle technologie parce
qu’elle peut être utilisée sur le plan national : l’approche doit au
moins s’inscrire à l’échelle européenne et cibler une utilisation
optimale et efficace du potentiel économique et technologique de
chaque pays.
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