Avant-Propos – Conseil mondial des entreprises pour le développement durable WBCSD - President Björn Stigson
Il ne fait aucun doute que nous allons vers une économie à faibles émissions de carbone,mais il est difficile de savoir ce qui se passera pendant la
période de transition. Les preuves scientifiques et les analyses économiques confirment que nous devons changer rapidement et radicalement le
système énergétique mondial. Il s’agit de trouver des solutions tant dans les pays industrialisés que dans les pays en voie de développement. Les
prochaines années sont critiques pour élaborer des politiques concernant la sécurité énergétique, la compétitivité, la réduction des gaz à effet de
serre et l’adaptation aux impacts climatiques. Celles-ci détermineront notre infrastructure énergétique et le profil des émissions du siècle prochain.
Tout retard risque de rendre le défi plus difficile et d’augmenter les coûts que devra subir la société.
Or, en ce moment, des retards semblent probables à en juger par les messages des chefs d’État et de gouvernement qui ont pris la parole sur
l’énergie et les changements climatiques devant l’ONU avant le commencement de son assemblée générale en septembre. Les solutions d’adaptation
à cette nouvelle dynamique doivent inclure la coopération internationale, l’établissement de partenariats et la définition de fonctions précises pour les
gouvernements, les entreprises, les consommateurs et la société civile, en aidant toutes les populations à comprendre ce que les entreprises peuvent
faire à elles seules et l’assistance dont elles ont besoin de la part des gouvernements et de la société civile pour remplir leur rôle. Il nous manque
cependant une fondation solide sur laquelle développer de telles solutions. Il nous manque, encore et toujours, une perception commune confirmant
que nous sommes confrontés à un problème qui doit être résolu avec une certaine urgence. Enfin, il nous manque la croyance en un partage
équitable des coûts requis pour résoudre ce problème. Nous avons besoin de rétablir le financement pour le développement et le déploiement
technologiques ainsi que pour la réorganisation de l’infrastructure de la société. Aucun des acteurs économiques ne veut prendre conscience des
énormes changements de style de vie et d’habitudes de consommation que nécessitera la réduction de 50 % des émissions de GES d’ici à 2050.
La bonne nouvelle c’est que nous possédons des options réalistes : des technologies pouvant créer une économie maximisant l’efficacité
d’utilisation des ressources et/ou pouvant éliminer le gaspillage lors de l’utilisation des ressources, comme la capture et le stockage de carbone. De
surcroît, nous disposons d’outils pour mettre en oeuvre ces options sous forme de règlements précisant les activités permises dans la société, de
normes de rendement pour les produits et processus, d’impôts et de droits. Les bases requises pour utiliser ces options dépendront de la création
de liens de coopération constructifs entre les principaux protagonistes – les gouvernements, les entreprises et la société civile – pour mobiliser le
soutien nécessaire à la transformation que la société devra entreprendre. L’établissement d’une telle coopération risque d’être une tâche plus
ambitieuse que la gestion efficace de notre avenir énergétique mondial.
Les gouvernements des pays de développement ont soutenu qu’ils n’abandonneraient pas la croissance en faveur de l’écologie. Peut-être pourrionsnous
entamer notre nouvelle collaboration constructive en nous mettant d’accord sur le fait que la croissance dépend de systèmes humains et
sociétaux qui risquent d’être dévastés par des phénomènes et tendances climatiques auxquels ils ne sont pas préparés. Les entreprises ne peuvent
pas prospérer dans des sociétés défaillantes et ont pour intérêt majeur d’aider à bâtir des sociétés florissantes offrant un environnement sain où
mener des affaires et livrer des biens et services nécessaires ou désirables.
Web: www.wbcsd.org
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