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L’OMI donne l’exemple en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre

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Que cela plaise ou non, le monde moderne est foncièrement tributaire de systèmes de transport motorisé qui fonctionnent en majeure partie avec des combustibles fossiles. Il est également indiscutable que l’utilisation de ces combustibles fossiles constitue une charge inhérente pour l’environnement. Un moteur à combustible fossile émet une certaine quantité de gaz à effet de serre (GES), principalement du carbone dioxyde (CO2), et il est aujourd’hui généralement admis que ces émissions contribuent de façon non négligeable au réchauffement de la planète et au changement climatique mondial.

Les émissions de carbone sont directement liées au rendement énergétique. Une consommation de carburant inférieure se traduit invariablement par une réduction des émissions de GES. Les armateurs s’efforcent depuis toujours, pour des raisons commerciales, de minimiser leurs coûts de carburant, dans la mesure ceux-ci représentent une proportion importante des frais de transport, que ce soit en optant pour les trajets entre les ports les plus courts, les plus sûrs et par conséquent les plus respectueux de l’environnement, en pratiquant des économies d’échelle (les navires porte-conteneurs les plus gros peuvent désormais transporter jusqu’à 12 000 conteneurs environ, contre 5000 en 1990) ou en améliorant la conception des coques, moteurs et hélices de leurs navires.

Une conception et un rendement améliorés

Ces dernières décennies ont été marquées par une amélioration de l’hydrodynamique des coques de navires et par-là même par une réduction de 2 à 4 % de la consommation de carburant. L’avènement de systèmes de propulsion plus sophistiqués, notamment sur le plan de la conception des hélices, s’est également traduit par des réductions du même ordre. Quant à l’amélioration du rendement des moteurs, elle a entraîné des résultats encore plus spectaculaires. A puissance égale, un moteur neuf consomme aujourd’hui 10 % de carburant en moins qu’il y a dix ans. Compte tenu de la longue durée de vie opérationnelle des navires (25 ans en moyenne), les avantages liés à ces nouvelles technologies ne se font cependant pleinement sentir qu’après de nombreuses années.

Depuis l’adoption par l’OMI en 1997 de règles (actuellement en cours de révision) relatives à la prévention de la pollution de l’atmosphère liée au transport maritime, et qui prévoyaient l’interdiction des substances appauvrissant la couche d’ozone, l’Organisation a entrepris d’étudier les moyens de réduire les émissions de gaz provenant des navires. Suite à une étude sur les émissions de gaz à effet de serre des navires, l’OMI a décidé en mai 2000 d’interdire également l’utilisation des perfluorocarbones (PFC) à bord des navires. Les PFC ont une durée de vie extrêmement longue dans l’atmosphère (plus de 5000 ans) et ont un fort potentiel de réchauffement du climat mondial.

Depuis, et conformément à une résolution adoptée en 2003 par l’Assemblée de l’OMI (résolution A.963(23) relative aux politiques et pratiques de l’OMI en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre provenant des navires), l’Organisation travaille activement au développement d’un plan d’indexation des GES pour les navires. Des directives intérimaires allant dans ce sens ont été approuvées en juillet 2005 afin d’établir une méthode d’essai commune et permettre aux armateurs d’évaluer les performances de leurs flottes en matière d’émissions de CO2. Comme le volume des émissions de CO2 d’un navire est en rapport direct avec sa consommation de combustible de soute, l’indice de CO2 attribué fournit par ailleurs de précieuses informations sur le rendement de carburant du navire.

On a déjà constaté, lors de ce type d’essais, que des navires identiques effectuant des transports apparemment similaires pouvaient produire des résultats différents. Si de tels écarts peuvent s’expliquer par les différentes conditions météorologiques ou les méthodes d’exploitation spécifiques des navires ayant participé aux essais, d’autres facteurs, comme la durée d’attente dans les zones portuaires, la longueur des trajets sur ballast et le fait que le navire soit ou non en pleine charge, peuvent cependant également faire une différence.

Les efforts consentis par l’OMI et l’industrie maritime ont permis d’identifier un certain nombre de domaines, où l’on pourrait considérablement réduire les émissions de CO2 des navires, grâce notamment à l’optimisation et à l’entretien des coques, à une amélioration de la conception et de l’entretien des hélices, à un choix de carburant plus judicieux, à une meilleure surveillance des machines et à la modification des itinéraires (avec réduction de la vitesse) ou encore l’optimisation de l’assiette des navires, des performances des moteurs, du pas des hélices et des angles de barre.

Un engagement continu en matière de réductions

Ces options restent d’autant plus pertinentes que la plupart des pays sont visiblement de plus en plus préoccupés par le changement climatique lié aux émissions de GES provenant de la combustion de combustibles fossiles, et que la menace d’un réchauffement de la planète est trop grave pour être ignorée. Il incombe par conséquent à l’industrie maritime de prendre des mesures, même si celle-ci constitue déjà un mode de transport respectueux de l’environnement et économe en carburant. En 2006, l’OMI a adopté un programme et un calendrier de ses futurs objectifs en matière de réduction des GES provenant des navires. Il a également été décidé que l’Organisation devait garder l’initiative en matière d’élaboration de stratégies et de dispositifs anti-GES pour les transports maritimes internationaux, tout en collaborant étroitement avec les autres organismes compétents des Nations Unies afin d’éviter des actions unilatérales à l’échelon mondial, régional ou national.

Nous avons aujourd’hui mis en chantier un projet exhaustif visant à évaluer l’impact général des options de réduction de la pollution atmosphérique proposées dans le cadre de la révision de l’Annexe VI de MARPOL et travaillons à une mise à jour approfondie de l’étude menée par l’OMI sur les gaz à effet de serre en 2000.

Face aux efforts de réduction des émissions entrepris par l’Organisation, il est non seulement important de ne pas perdre de vue l’objectif poursuivi, mais aussi de s’assurer que les améliorations obtenues dans un domaine ne sont pas compromises par les conséquences négatives dans d’autres. Il est par conséquent essentiel d’adopter une approche holistique et inclusive afin de mieux saisir la situation dans son ensemble et identifier des solutions équilibrées et réalisables, capables de profiter à l’environnement de notre planète.

Il convient d’aborder ces questions à une échelle réellement internationale, c’est-à-dire, dans le cas du transport maritime, à travers l’OMI, puisque cette organisation est spécifiquement chargée au sein des Nations Unies de créer un cadre réglementaire international pour la sécurité et l’efficacité du transport maritime ainsi que la protection du milieu marin. L’OMI constitue incontestablement le meilleur forum pour résoudre ces questions, à la fois pour des raisons de principe et de considérations pratiques.

Les discussions relatives aux niveaux d’émissions de GES provenant des navires ont souvent tendance à oublier que le volume global de l’activité maritime n’est pas dicté par l’industrie elle-même, mais par la demande de l’économie mondiale. Il ne fait aucun doute que le transport maritime constitue un mode de transport propre, écologique et respectueux de l’environnement, qui offre un très bon rendement énergétique. Bien que les transports maritimes ne contribuent que pour une faible part au volume total des émissions de gaz dans l’atmosphère, les émissions nocives provenant des navires ont fortement diminué ces dix dernières années. Les efforts entrepris constituent une priorité importante pour toutes les parties prenantes et il convient de continuer à oeuvrer dans ce sens.

C’est pourquoi je me félicite que le Conseil de l’OMI ait accepté de jouer un rôle central cette année à l’occasion de la Journée maritime mondiale et d’un vaste éventail d’activités et initiatives en présentant notre réponse aux défis environnementaux. Ces mesures s’inscrivent dans le plan d’action concerté que nous avons mis en place pour éduquer le public et le sensibiliser à l’état de détérioration réel de notre planète et faire de nous des citoyens responsables, au sens le plus large de ce terme.

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