| Répondre aux changements climatiques en zone littorale
Virginia Institute of Marine Science
Si les zones littorales abritent pratiquement la moitié de la population
mondiale et sont parmi les zones les plus productives, elles sont aussi
les plus menacées par les changements climatiques. Ces derniers
risquent d’entraîner l’élévation du niveau de la mer, l’augmentation de la
fréquence et de l’intensité des ouragans, la destruction des habitats
côtiers et le déplacement de populations humaines. Répondre de façon
adéquate à ces menaces nécessite à la fois une connaissance détaillée
de l’influence du forçage du climat sur l’environnement et notre
société, et une structure de gouvernance efficace pour incorporer les
données scientifiques dans une gestion réactive.
Aux Etats-Unis, le Virginia Institute of Marine Science (VIMS - Institut de
science marine de Virginie) est la plus importante institution en taille se
focalisant sur la recherche, l’éducation et le service consultatif relatif à
l’océan côtier. Ses travaux de recherche s’étendent des bassins versants
à l’océan, des pôles aux tropiques, avec un accent particulier sur les
environnements côtiers et estuariens. La diversité de la recherche
effectuée au VIMS contribue à une meilleure compréhension des
relations complexes entre le forçage climatique et les divers processus
littoraux, ainsi que leurs impacts sur les ressources vivantes et sur les
communautés humaines concernées. Le VIMS est aussi la source d’une
information scientifique impartiale et d’une formation au niveau
supérieur qui permet aux décisionnaires, à l’industrie et aux citoyens de
mieux gérer et préserver les ressources côtières et estuariennes pour
les générations d’aujourd’hui et de demain.
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| Fig 1. Moyennes mensuelles de l’élévation du niveau de la
mer (en bleu) et augmentation à long terme du niveau de la mer de 1930 à 2003 (en
rouge) dans la région de Hampton Roads, au sud-est de la Virginie, Etats-Unis |
Impact de l’augmentation du niveau de la mer
L’altitude peu élevée du littoral côtier de la région mi-Atlantique en fait
un site d’étude propice pour prédire les bouleversements
environnementaux et sociaux causés par les changements climatiques. En
tant que membre du consortium de la région Chesapeake (CRC), le VIMS
fait partie des leaders mondiaux contribuant à l’affinement des données
d’observation et des modèles prévisionnels. Conjointement avec les
gouvernements, l’industrie et les instituts de recherche sous les auspices
du CBOS (Chesapeake Bay Observing System, www.cbos.org), le VIMS a
promu le développement du prototype du Système de prédiction des
inondations à Chesapeake (CIPS) en tant qu’outil de prévision potentiel
pour le service météorologique (National Weather Service - NWS) de la
NOAA (Administration américaine océanique et atmosphérique) en
partenariat avec les directeurs de secours locaux et régionaux.
L’utilisation d’outils de visualisation modernes pour la prévision des
inondations par le CPIS devrait permettre une meilleure précision et
fiabilité des prévisions d’inondations ainsi qu’une réduction tangible des
décès, des blessures, des souffrances humaines et des dégâts matériels.
Orages côtiers et protection des zones littorales
Les ouragans et les orages tropicaux sont responsables en moyenne
de 20000 décès par an et de plus de 6 milliards de dollars de dégâts
dans le monde entier. En association avec l’élévation du niveau de la
mer, l’accroissement de l’intensité de ces orages tropicaux aura un effet
dévastateur sur les propriétés privées, la santé humaine, l’économie
régionale et les populations à moins que de sérieux efforts de
planification et d’atténuation des dégâts ne soient déployés de façon
systématique. Les efforts continus des chercheurs du VIMS pour établir
de meilleures bases de données historiques concernant les orages
tropicaux et les ouragans se traduisent, par exemple, par des
recherches effectuées dans les Caraïbes où l’analyse géologique des
sédiments côtiers permet d’obtenir des données relatives aux ouragans
vieilles de 1000 ans. Ces données peuvent être directement corrélées
avec la fréquence et l’intensité des ouragans pour calibrer ou vérifier
des modèles climatiques à long terme prédisant les changements de
fréquence et d’intensité des ouragans causés par le réchauffement.
L’impact du climat sur les communautés et l’économie est aggravé par
la disparition continue des zones humides, des mangroves et des récifs
coralliens. Au niveau mondial, le VIMS maintient le plus ancien
programme de recherche et de surveillance concernant la végétation
aquatique immergée. Ce programme a permis de mettre en évidence la
disparition, précédemment méconnue, de ce type de zone tampon et
d’écloserie pour les fruits de mer. La recherche effectuée au centre de
gestion des ressources côtières du VIMS (http://ccrm.vims.edu) fournit
des données fondamentales concernant les zones humides et leur
gestion, et favorise le développement de modèles informatiques et
d’outils SIG permettant aux gestionnaires des ressources et aux parties
prenantes d’évaluer l’état des zones d’humides, ainsi que leur valeur
écologique et économique. Dans le contexte de la gestion des
conséquences de l’élévation du niveau de la mer, de telles évaluations
deviendront de plus en plus critiques du fait des réponses dynamiques
des zones humides face au forçage climatique.
Les ressources vivantes font partie de chaînes alimentaires
complexes sous l’influence des changements climatiques et de
pressions humaines multiples. La gestion raisonnée de ces ressources
nécessite une profonde compréhension à la fois des interactions
entre les espèces concernées et les pressions climatiques et de
modèles sophistiqués intégrant ces facteurs. L’analyse par des
scientifiques du VIMS de données recueillies de 1960 à 2000 a mis en
évidence les relations entre les principaux régimes climatiques
décennaux et le recrutement des huîtres, des poissons juvéniles et
des crabes bleus, tous importants sur le plan commercial. La
connaissance des régimes climatiques prépondérants et de leur
oscillation peut permettre aux gestionnaires d’évaluer la probabilité
de réussite des mesures de gestion des ressources grâce à
l’utilisation de modèles prenant en considération une ou plusieurs
espèces et les exposant à différents scénarios climatiques.
Les changements drastiques concernant les entrées d’eau et de matériel
dans l’océan côtier en provenance des terres via les rivières et les
estuaires ont un impact sur les bilans hydrologiques, les réserves de
sédiments et le fonctionnement des écosystèmes. L’analyse des données
historiques des dépôts de matériel organique au sein des écosystèmes
côtiers, tels que la baie de Chesapeake, démontre l’impact de l’installation
des populations humaines sur l’hydrologie par le biais de la construction
de barrages, la gestion des eaux, l’apport en nutriments et carbone en
raison de l’agriculture, la pollution et l’évolution de l’utilisation des terres.
Les chercheurs du VIMS conduisent actuellement des recherches
concernant l’eau de la planète et les cycles du carbone dans le globe,
allant de l’Atlantique, du Pacifique, de l’Arctique et des mers du Sud aux
régions côtières de l’Amérique du nord, l’Asie, l’Europe et l’Antarctique
afin de mieux anticiper dans quelle mesure les changements climatiques
futurs influenceront ces cycles et affecteront l’environnement marin.
W: www.vims.edu
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