| Observation du système climatique par satellite – La voie à suivre
The Committee on Earth Observation Satellites (CEOS)
Lors de la dixième conférence des Parties (COP-10) à la
Convention-cadre des Nations Unies sur les changements
climatiques (CCNUCC), les Parties qui soutiennent les agences
spatiales ont été invitées à apporter des réponses aux besoins
formulés dans le plan d’exécution du Système mondial d’observation
du climat (SMOC, en anglais GCOS). En tant que premier forum
international de coordination des observations de l’espace à partir
de la terre, le CEOS a convenu de répondre. Lors de la COP-11, un
document initial a exposé les grandes lignes de l’approche du CEOS.
Intitulé Observation par satellite du système climatique : La réponse
du Comité sur les satellites d’observation de la terre au Plan
d’exécution du Système mondial d’observation du climat (SMOC), ce
rapport concerne la pertinence des mesures satellitaires passées,
présentes et futures à l’appui du SMOC.
Le rapport du CEOS répond plus particulièrement aux besoins du
CCNUCC en matière d’observations par satellite et montre que les
agences spatiales ont la possibilité de réviser la façon de traiter en
priorité, convenir, financer, mettre en oeuvre et surveiller la
coopération entre plusieurs agences sur les observations climatiques.
Dans son rapport, le CEOS identifie les résultats pouvant être
obtenus par le biais d’une meilleure coordination des capacités
existantes et futures ainsi que les améliorations nécessitant des
ressources supplémentaires et/ou des mandats allant au-delà du
pouvoir légal actuel des agences spatiales. Ce rapport est destiné à
initier une action et à aider les Parties à donner des conseils et
formuler des observations sur les mesures de planification prises au
sein des agences.
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Établie à l'aide de données d'anomalies de hauteur de mer en provenance
d'altimètres radars situés dans l'espace, cette image de NOAA/Atlantic
Oceanographic and Meteorological Laboratory (AOML) représente les
conditions thermiques de l'océan supérieur pendant l'ouragan Frances et a servi
à calculer la probabilité d'un changement de l'intensité de la tempête lors de son
passage sur des eaux chaudes, ce que les mesures de température de la surface
de la mer ne pouvaient pas détecter (ESA). |
Il constate que les satellites constituent des moyens essentiels pour
obtenir des observations du système climatique à l’échelle mondiale
et que l’enregistrement détaillé de données météorologiques
mondiales ne sera pas possible à l’avenir sans le rôle majeur et
soutenu des satellites. Il relève, en outre, que les données satellitaires
ne pourront contribuer pleinement et efficacement à la
détermination de relevés à long terme que si le système est mis en
oeuvre et géré de façon à garantir l’exactitude et l’homogénéité des
données sur le plan climatique. A cet effet, les Principes de la
surveillance climatique du SMOC (GCMP) préconisent la continuité,
la calibration et la validation des observations, l’accès aux données et
la mise en place de robustes programmes de recherche et
développement.
Données détaillées
Bien que très peu de systèmes d’observation de la terre par satellite
aient été conçus spécialement pour surveiller le climat, les agences
spatiales ont rassemblé une base de données incroyablement
détaillées sur le climat servant de base pour mieux comprendre le
système climatique de la planète. De grands progrès ont été réalisés,
mais il reste d’importantes lacunes à combler en termes de capacités
de mesure, y compris leur continuité.
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Tendances du niveau
de la mer fournies par Topex-Poseidon (Jan. 1993 - Mar.
2005) Elévation du niveau moyen des océans
TOPEX. Des données du satellite TOPEX/Poseidon ont
été utilisées pour créer cette image montrant les
tendances du niveau des océans entre 1993 et 2005
(Laboratoire d’Etudes de Géodésie et d’Océanographie
Spatiales (LEGOS)/Centre National d’Etudes Spatiales
(CNES)) |
Les agences du CEOS gèrent des satellites qui collectent des
données à partir de trois domaines – atmosphérique, océanique et
terrestre – qui permettent d’établir des paramètres terrestres clés
(variables climatiques essentielles, ECV). Dans chacun de ces
domaines, le CEOS a validé l’élément satellitaire du Plan et offert des
analyses détaillées accompagnées de mesures correspondantes dans
six grandes catégories :
- Assurer la continuité des mesures satellitaires applicables au climat ;
- Adopter une approche systématique envers la production de
données climatiques fondamentales ;
- Conserver les données climatiques ;
- Garantir l’accès aux produits de données climatiques ;
- Coordonner les communautés internationales et l’interaction avec
les utilisateurs ;
- Répondre aux besoins futurs en matière de mesure.
Le CEOS a également identifié des possibilités de répondre aux
exigences supplémentaires en retraitant les collections de données
historiques, en améliorant la continuité des données et en
transférant les mesures de la recherche aux opérations. Les agences
du CEOS reconnaissent le besoin de garantir l’extraction, le
traitement, l’archivage et la fourniture adéquats des données
satellitaires historiques et cherchera des méthodes pour y parvenir.
Constellation de satellites
Le CEOS a lancé une initiative visant à élaborer des directives et
critères pour la mise en oeuvre par les agences de groupes ou «
constellations » de satellites et de systèmes associés de support
terrestre. Ces constellations fonctionneront de façon coordonnée
afin de favoriser la rentabilité des missions et l’efficacité des
contributions à partir de l’éventail des systèmes existants. Les
travaux actuels incluent : la composition atmosphérique, les
précipitations mondiales, les images de la surface de la terre et la
topographie du niveau de la mer.
L’adoption de la CCNUCC a entraîné une beaucoup plus grande
sensibilisation du gouvernement et du public au changement
climatique. En coopération avec ses partenaires, le SMOC a
développé un Plan crédible qui, s’il est mis en oeuvre, permettra de
mieux comprendre le changement climatique. Le Système des
systèmes mondiaux d’observation terrestre (SSMOT, en anglais
GEOSS) a prêté une attention particulière aux neufs domaines
d’avantages sociétaux, y compris celui du climat. Le respect des
principes climatiques de la CCNUCC contribuera aussi en grande
partie à la plupart si ce n’est la totalité des autres domaines
d’avantages sociétaux. Le CEOS reconnaît que les Parties ne sont pas
toutes en mesure d’accéder à des satellites, et l’amélioration à un tel
accès fera donc figure de priorité.
La voie à suivre
Le CEOS propose ce qui suit :
Les Parties sont invitées à prendre connaissance des nombreuses
mesures diverses et ambitieuses identifiées dans le rapport. Les
agences collaboreront avec leurs organes directeurs pour obtenir les
ressources supplémentaires requises.
En collaboration avec le SMOC, le CEOS continuera à renforcer les
efforts de communication et de coopération qui s’avèrent
extrêmement productifs.
Le CEOS constate avec encouragement le résultat de décisions
passées de la CCNUCC et accueillera avec faveur les commentaires
des Parties à propos de la réponse du CEOS au Plan. Le CEOS
comprend également l’importance de rapporter à la CCNUCC les
observations et progrès systématiques et serait prête à le faire sur
demande des Parties.
A la fois des données satellitaires et des données in situ sont
nécessaires pour mieux surveiller, caractériser et prévoir les
changements survenant dans le système de la terre. Bien que les
mesures in situ soient indispensables et remplissent généralement
des fonctions que les satellites ne peuvent offrir, les satellites
d’observation de la terre représentent l’unique moyen réaliste
d’assurer la couverture mondiale nécessaire et deviendront, avec une
bonne calibration des mesures, la seule contribution majeure aux
observations mondiales du climat.
W: www.ceos.org |