| GlobColour et GlobCarbon et le budget carbone mondial
European Space Agency
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Fig1: Mosaïque d’Envisat ASAR de
l’océan Arctique début septembre
2007, qui montre clairement la
voie la plus directe du Passage
Nord-Ouest qui est ouverte (ligne
orange) et le Passage Nord-Est qui
est seulement obstrué en partie
(ligne bleue). La couleur gris foncé
représente les zones sans glace,
tandis que le vert représente les
zones de banquise |
Estimés à 25 milliards de tonnes, les rejets annuels de gaz carbonique
à l’échelle mondiale dus aux activités humaines contribuent au
réchauffement de la planète. Selon des estimations, le réchauffement
des mers et la fonte des glaciers se traduisent par une hausse du
niveau moyen des mers dans le monde de 2 à 3 millimètres par an,
d’où une augmentation du risque de graves inondations dans les villes
côtières à faible élévation en Europe, en Asie et en Afrique. Les
glaciers de montagne, qui avaient l’habitude de fournir une source
d’eau fiable en été pour la plupart de l’agriculture mondiale,
disparaissent progressivement. La fonte de la banquise (fig. 1)
permettra de raccourcir les transports en ouvrant de nouvelles
routes maritimes dans l’Arctique et donc d’exploiter des réserves de
pétrole jusqu’ici inaccessibles. Cependant il est nécessaire de mettre
en balance ces avantages et les impacts négatifs. Quel que soit le
résultat de ce débat, personne ne peut raisonnablement contester le
besoin de gérer avec soin les changements que nous causons au
système de la terre. Une gestion efficace commence par une collecte
d’informations quantitatives, précises et sans équivoque sur l’état de
la planète. Les projets GlobColour et GlobCarbon de l’ASE
répondent en partie à ce besoin d’information en fournissant aux
scientifiques des groupes de données importantes multi-satellites sur
l’activité biologique sur terre et dans la mer.
Le projet GlobColour
La couleur des océans dépend largement de la densité de
phytoplancton qu’ils contiennent. Les mers à la surface bleue et
limpide au milieu des bassins océaniques sont pauvres en nutriments
et abritent relativement peu de phytoplancton, tandis que les régions
de remontées des eaux près des plateaux continentaux apportent
des profondeurs de l’océan des eaux froides riches en nutriments,
permettant au phytoplancton de se développer et donnant à la mer
une couleur verte.
Le minuscule phytoplancton est le premier maillon de la chaîne
alimentaire qui conduit jusqu’aux poissons que nous aimons manger.
Il vaut la peine d’observer l’activité biologique des océans pour
d’autres raisons que son rôle fondamental dans l’alimentation. En
effet, la mer réduit les changements climatiques en absorbant le gaz
carbonique de l’atmosphère pour en transformer une partie en
détritus biologiques qui finissent par sombrer et s’attacher aux
sédiments se trouvant dans les grands fonds marins. C’est la pompe
biologique des océans qui réabsorbe une partie du gaz carbonique
émis dans l’atmosphère.
Une partie du CO2 se dissout également dans les océans. Ensemble,
ces deux processus sont estimés constituer l’équivalent du puits de
carbone planétaire. Cependant, le gaz carbonique dissous peut
entraîner une acidification progressive des océans qui pourrait
éventuellement diminuer la capacité du corail et d’autres types de
plancton à construire leur squelette et coquille. Ce phénomène
pourrait causer une réduction de l’activité biologique et de la
quantité de gaz carbonique absorbé par les océans. Il est donc
indispensable de surveiller l’évolution de la pompe biologique lors de
l’augmentation du gaz carbonique dans l’atmosphère afin de prévoir
avec exactitude les changements climatiques futurs. Vu cette
sensibilité, les informations sur la biologie des océans constituent un
indicateur utile du changement climatique. Elles peuvent aider les
scientifiques à vérifier les prévisions de leurs modèles très
complexes et leur donner des avertissements précoces au sujet de
changements inattendus.
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Fig 2: Une image
de chlorophylle GlobColour
montrant la distribution du
phytoplancton dans l’océan
Atlantique, visualisée à l’aide de
Google Earth |
Le projet GlobColour de trois ans a été lancé en 2005 sous la
direction commune de l’ACRI en France et de l’université de
Plymouth au Royaume-Uni. Son objectif est de produire les
meilleures données quotidiennes possibles sur la couleur des océans
du monde en amalgamant les données des trois capteurs les plus
capables – SeaWiFS, MODIS à bord du satellite Aqua et MERIS à
bord d’ENVISAT – et de traiter toutes les données en leur
provenance afin d’obtenir une série chronologique calibrée de façon
homogène pour les années entre 1997 et 2007.
La communauté scientifique internationale peut se procurer ces
données gratuitement via le portail web du projet :
www.globcolour.info.
Le projet GlobCarbon
Nos connaissances actuelles sur les tendances spatiales et
temporelles des stocks et flux de carbone manquent de certitude,
notamment au-dessus des terres. De récents exercices
intercomparatifs ont dévoilé qu’avec les meilleurs modèles de
dynamique de la végétation, comme le modèle Lund-Potsdam_Jena
(LPJ), il y a accord général sur le bilan mondial du carbone, mais
désaccord sur la façon dont le carbone est distribué. L’avancement
des progrès sur la compréhension du cycle mondial du carbone et
de son évolution future probable dépend, en particulier, d’une
amélioration des observations des processus de carbone terrestre
afin de réduire les grandes incertitudes qui existent sur la magnitude
et l’emplacement des flux de carbone entre la terre, les océans et
l’atmosphère. Ce travail nécessite une approche holistique associant
modèles, observations et études de processus, et ne doit pas se
concentrer uniquement sur l’élément terrestre mais prendre également
en considération les mesures atmosphériques et océaniques, comme le
conseille l’équipe chargée du thème carbone du Partenariat pour une
stratégie mondiale intégrée d’observation (IGOS-P).
Le projet GlobCarbon de l’ASE a été initié pour contribuer à ce
processus en produisant des estimations entièrement calibrées.
L’initiative GlobCarbon présente des estimations des superficies
incendiées mondiales, de la fraction des radiations actives absorbées
par photosynthèse, de l’indice de surface foliaire et du cycle de
croissance de la végétation sur dix années entières, de 1998 à 2007.
Les intrants de base sont les données à 1 km de résolution provenant
de capteurs installés à bord du deuxième satellite européen de
télédétection (ERS-2) et d’ENVISAT et des quatrième et cinquième
satellites du Système Pour l’Observation de la Terre (SPOT).
Ce projet de cinq ans a été lancé en 2003 sous la direction
commune du VITO (Belgique) et de l’IGBP (Suède). Le débit total et
la manipulation de produit nécessaires pour obtenir les données de
sortie GLOBCARBON s’élèvent à 50 To en provenance de quatre
capteurs (ATSR-2,VEGETATION,AATSR et MERIS). La communauté
scientifique internationale peut se procurer ces données
gratuitement via le portail web du projet : www.globcarbon.info.
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Fig 3: La mission opérationnelle de Sentinel-3 pour l’ASE
dont le lancement est prévu en 2012 |
L’avenir
Le Sentinel-3 de l’ASE transportera l’instrument de détection de la
couleur de la terre et des océans OLCI (Ocean and Land Colour
Instrument) sur MERIS, et l’instrument de température de la surface
de la terre et des océans SLST (Sea and Land Surface Temperature),
dérivé de la série ATSR. Ces deux instruments disposeront de
capacités grandement améliorées pour une extraction plus précise
des propriétés biophysiques à la fois de la terre et des océans. Par
exemple, l’instrument OLCI a été conçu pour permettre de mesurer
la chlorophylle non seulement en pleine mer mais aussi dans les eaux
côtières, en effectuant la surveillance opérationnelle d’autres
composants marins optiquement actifs comme les matières
organiques dissoutes et les sédiments suspendus. Ces deux
instruments fourniront la série à long terme nécessaire pour mieux
comprendre les changements à l’échelle planétaire.
Avec la mise en place de missions satellites opérationnelles pour
encore 20 ans, la fusion des données de sortie doit aussi être
considérée dans un contexte opérationnel, en développant des
programmes détaillés de calibration et de validation.
Grâce aux projets GlobColour et GlobCarbon, l’ASE fournit
actuellement aux scientifiques des données inégalables sur la terre et la
couleur des océans dans le cadre de la recherche sur le cycle de
carbone. Grâce à ces informations, les gouvernants pourront prendre
des décisions en connaissance de cause au sujet des politiques
d’adaptation et de réduction des changements climatiques. Pour
renforcer ce processus, la série chronologique initiale de GlobCarbon
et GlobColour devra être prolongée dans l’avenir pour permettre aux
chercheurs de continuer à surveiller et mieux comprendre le rôle de la
mer et de la terre dans le cycle de carbone.
W: www.esa.int |