| L’impact du forçage radiatif des aérosols
Finnish Centre of Excellence in Physics, Chemistry, Biology
and Meteorology of Atmospheric Composition and Climate
Change
L’IPCC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du
climat) a souligné la complexité du forçage radiatif direct et indirect
combiné des aérosols et des gaz à effet de serre. Les particules
d’aérosols atmosphériques influent directement sur le bilan radiatif
de la Terre en dispersant et en absorbant le rayonnement solaire, et
indirectement en agissant comme noyaux de condensation des
nuages (CCN). Un certain degré d’incertitude entoure toujours les
estimations de ce forçage radiatif et la question de l’interaction des
différents composants entre eux est l’un des problèmes les plus
importants qu’il reste à résoudre.
La formation de nouvelles particules d’aérosols atmosphériques est un
phénomène important associé au système des aérosols
atmosphériques. Elle se divise en un ensemble de processus complexes,
comprenant la production de nanoagrégats à partir de vapeurs
gazeuses, le développement de ces agrégats à des tailles détectables et
leur élimination simultanée par coagulation avec la population de
particules d’aérosols
préexistantes. Une fois formées,
les particules d’aérosols doivent
encore se développer à une taille
supérieure à 50-100 nm de
diamètre pour pouvoir influer
sur le climat, et ce bien que les
particules plus petites puissent
déjà avoir une incidence sur la
santé humaine et la chimie
atmosphérique. Alors que la
formation d’aérosols est quasiment omniprésente dans l’atmosphère,
notre connaissance de ce phénomène affiche encore de sérieuses
lacunes, qu’il s’agisse du processus de base de la formation des aérosols
atmosphériques ou de ses diverses conséquences sur la chimie
atmosphérique, le climat, la santé humaine et l’environnement.
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| Fig 1: La station SMEAR II est conçue pour étudier les flux
matériels et d’énergie dans le continuum atmosphère –
végétation – sol à différentes échelles temporelles et spatiales. La
station se présente comme une unité polyvalente et
automatique, fonctionnant de manière continue depuis 1996 |
Résoudre les incertitudes
Notre principal objectif est de contribuer à réduire les incertitudes
scientifiques qui entourent encore les questions de changement
climatique, notamment par rapport aux aérosols et aux nuages.
Notre unité de recherche travaille donc essentiellement autour des
thèmes suivants :
- Mécanismes de formation et de développement des aérosols
atmosphériques, dynamique des aérosols ;
- Effet des aérosols biogéniques secondaires sur la teneur en
aérosols globale ;
- Interaction entre les aérosols, nuages et climat, et
- Relation entre l’atmosphère et les différents écosystèmes,
notamment les forêts boréales.
Les chercheurs de notre Groupe ont publié plus de 450 articles dans
des revues professionnelles au cours des cinq dernières années, dont
huit articles dans Science or Nature. Résumé de nos activités principales
sont la réalisation de mesures continues et établissement d’une bases de
données relative aux flux de masse atmosphériques et écologiques, aux
précurseurs des aérosols et à l’interaction entre le CO2, les aérosols et
les gaz à l’état de trace via les stations SMEAR sur le terrain (Fig 1) ; et,
Expériences et modélisations ciblées pour mieux comprendre les
modèles observés. Notre programme de recherche a été conçu pour se
concentrer sur les aspects de la chaîne de recherche (à l’échelle
moléculaire et globale), où les incertitudes sont les plus grandes. On
citera parmi les résultats récents les plus significatifs l’observation de la
formation de nouvelles particules et leur développement subséquent à
des tailles CCN (Fig 2).
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| Fig 2: Distribution des tailles d’aérosols durant la formation de nouvelles particules
(station SMEAR II d’Hyytiälä) Peu avant midi, des particules nouvellement formées
commencent à apparaître à une taille de 3 nm et cette formation se poursuit
pendant quelques heures. Lorsque les particules atteignent une taille de 50-100 nm,
elles peuvent agir comme noyaux de condensation des nuages. Les 11 dernières
années ont permis d’observer près d’un millier de phénomènes de formation de
particules dans le cadre de la station SMEAR II |
Processus et simulations
Afin de mieux comprendre les processus associés à la nucléation et à
la thermodynamique des aérosols, la recherche s’effectue à partir de
simulations moléculaires (Monte Carlo et dynamique moléculaire). La
connaissance de ces processus de nucléation microscopiques, en
conjonction avec la condensation/l’évaporation et la coagulation, est
indispensable pour comprendre la dynamique des aérosols ainsi que
la concentration et la composition des particules. D’importants
systèmes d’aérosols bénéficient aujourd’hui de progrès importants en
matière de données de laboratoire et de techniques de modélisation.
De la même manière, la photosynthèse, la respiration autotrophique
et la synthèse des composés organiques volatils (VOC) sont
aujourd’hui modélisées à l’échelle cellulaire, stomatique et de la
feuille (ou des pousses pour les conifères), et cette approche à base
de modèle s’accompagne de mesures de chambre en laboratoires et
dans des conditions en milieu réel.
Les processus fondamentaux du cycle des aérosols et du carbone
doivent être identifiés afin de pouvoir quantifier les propriétés
radiatives des aérosols et leur influence sur la microphysique et la
dynamique nuageuses à l’échelle des nuages individuels, et
comprendre l’évolution de la dynamique d’absorption du carbone. A
une échelle supérieure, des progrès s’imposent au niveau de notre
connaissance de la couche limite (météorologie) pour mieux
comprendre le transport des aérosols atmosphériques, des gaz à
l’état de trace (p. ex.. CO2, CH4, N2O, O3, SO2, NOX, and VOC),
l’échange de vapeur d’eau et les processus de dépôt conséquents. Les
études de couche limite forment un lien avec les processus à l’échelle
régionale et par-là même les phénomènes à l’échelle mondiale. Afin
de permettre une bonne simulation du climat global et de la qualité
de l’air, il convient aujourd’hui de compiler, d’intégrer et de mettre en
oeuvre les plus récents progrès de cette chaîne de processus sous
forme de modèles numériques du changement climatique (CC) et de
qualité de l'air (QA) par le biais de nouvelles paramétrisations dans
différents environnements.
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