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L’effort mondial pour combattre les changements climatiques reposera sur la technologie

Sustainable Development Technology Canada

Les sociétés réagissent unanimement à une occasion ou une menace qui se présente si leurs membres partagent les mêmes valeurs. Nous commençons à constater, à l’échelle de la planète, une évolution des valeurs en faveur de la protection de l’environnement.

Passage à l’action

La technologie joue un rôle important dans la réponse qu’une société formule aux besoins pressants de l’environnement. Le passage à l’action exige tant la modification des comportements que l’adoption de nouvelles technologies. Une fois que la volonté de changer existe, la technologie peut faciliter la mise en place des meilleures initiatives. Pour qu’un réel changement se produise, une société a besoin de produits et services accessibles, fiables et abordables. Les économies que permet une ampoule à faible consommation d’énergie ne peuvent être réalisées si personne n’est motivé à l’acheter, à l’installer et à l’utiliser.

Les technologies grâce auxquelles une société peut devenir plus durable sont une composante essentielle de la réponse aux changements climatiques. Non seulement ces technologies permettent-elles une meilleure utilisation des ressources ainsi qu’une réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) et des autres émissions nocives, elles donnent aussi aux entreprises la possibilité d’accroître leur productivité, de réduire leurs coûts et d’engranger davantage de profits. Autrement dit, elles accroissent la productivité tout en protégeant l’environnement.

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Fondée principalement sur les ressources, l’économie du Canada ressemble beaucoup à celle de nombreux pays en développement et les technologies propres en touchent toutes les facettes. À court terme, nous travaillons à rendre les moyens de production plus efficaces pour les industries traditionnelles comme les secteurs du pétrole et du gaz naturel ou des pâtes et papier. À plus long terme, nous nous efforçons de réduire le recours de notre économie au carbone. Par exemple, le Canada dispose à l’échelle mondiale de l’un des meilleurs potentiels pour la production de biocarburant. Les biocarburants tirés des résidus de culture et des déjections de bétail incarnent les prémisses d’une évolution vers les bio-raffineries et une économie axée sur les biocarburants.

Ce passage des raffineries de pétrole aux bio-raffineries offre d’importants avantages pour l’environnement et permet à l’économie canadienne de se hisser plus haut dans la chaîne de valeur vers des produits et services à valeur ajoutée.

Le développement durable au Canada

Pour favoriser le développement des technologies propres au Canada, le gouvernement fédéral a crée Technologies du développement durable Canada (TDDC) à la fin de 2001. Cette fondation sans but lucratif finance et appuie le développement et la démonstration de technologies propres pour trouver des solutions aux problèmes que posent les changements climatiques, la pureté de l’air, la propreté de l’eau et la salubrité des sols. Composé d’un fonds d’investissement de 550 millions de dollars, le portefeuille de solutions de technologies propres dont TDDC assure la gestion était évalué à 846 millions de dollars au 31 décembre 2006.

Lors de son dernier budget, le gouvernement fédéral a accordé à TDDC 500 millions de dollars supplémentaires pour favoriser l’établissement de grandes installations de production de combustibles renouvelables de la prochaine génération.

La principale tâche de TDDC consiste à agir comme catalyseur en vue de bâtir une infrastructure technologique pour le développement durable au Canada. TDDC considère que les solutions canadiennes offrent non seulement aux Canadiens des retombées sur les plans de l’économie, de l’environnement et de la santé, mais qu’elles offrent également aux autres pays des moyens de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.

Investissement

Le Canada investit beaucoup dans de nombreux aspects de l’innovation des technologies propres et réalise de grands progrès en matière de piles à hydrogène, de technologies avancées d’éclairage, de séquestration du carbone et de développement de biocarburants. L’un des projets de TDDC dans le secteur des biocarburants est piloté par BIOX Canada Ltd. (BIOX). L’entreprise est en train de développer et d’effectuer des démontrations d’une technologie permettant de transformer toutes les huiles de graines et les huiles à friture recyclées, ainsi que le suif et les graisses animales en biodiesel, au moyen d’un procédé plus rapide que les solutions existantes, qui produit un carburant à des températures presque ambiantes. Les coûts de production sont ainsi considérablement réduits, si bien que le biodiesel peut concurrencer le pétrodiesel.

En parvenant à diminuer les coûts de production, BIOX a posé un jalon important pour la production traditionnelle de biocarburants. Quantité de carburants renouvelables, qu’ils soient à base de cellulose ou d’amidon, restent plus chers que leurs concurrents à base d’hydrocarbures. Bien que l’utilisation de biocarburants est souvent bénéfique pour l’environnement, elle ne l’est pas toujours pour l’économie. Certaines sociétés, notamment BIOX, visent à résoudre ce problème grâce à des solutions durables à prix concurrentiels.

La chaîne de l’innovation

De la naissance d’une idée à la commercialisation d’un produit, en passant par la recherche préliminaire, la chaîne de l’innovation compte de nombreux maillons. L’un ou l’autre de ces maillons peut se heurter à des obstacles technologiques, financiers ou commerciaux susceptibles de provoquer l’échec d’un projet, mais deux chaînons revêtent une importance particulièrement déterminante. Aux stades du développement et de la démonstration, les technologies quittent le laboratoire pour être testées dans des situations réelles à véritable échelle. Il s’agit malheureusement aussi des étapes où le financement et l’appui des entreprises font habituellement défaut.

Partout dans le monde, il existe un besoin pressant de soutenir financièrement les sociétés à ces stades parce que les projets fructueux aident les pays à conserver leur capital intellectuel et propulsent les économies nationales, puisque la majorité du travail est effectuée à l’échelle locale.

Citons notamment Group IV Semiconductor Inc. (Group IV), établie à Ottawa, qui développe et démontre une solution novatrice d’éclairage. À l’heure actuelle, la vaste majorité de l’éclairage est produite par des ampoules incandescentes. Elles sont extrêmement inefficaces et produisent beaucoup plus de chaleur que de lumière – plus que 90 % de l’énergie utilisée est émise comme chaleur. L’industrie mondiale de l’éclairage est à la croisée des chemins. La solution la plus énergiquement efficace utilise les semi-conducteurs au lieu des filaments ou du gaz pour produire de la lumière, toutefois sa fabrication coûte plus cher. L’adoption de l’éclairage à semiconducteurs est donc improbable, surtout dans le monde en développement, si le prix de l’ampoule de remplacement est de plusieurs fois supérieur à celui de la solution incandescente.

Sur le plan strictement économique, l’utilisation de la silicone comme source lumineuse dans l’éclairage à semi-conducteurs est le choix le plus sensé puisqu’il s’agit d’une composante à bas prix qu’on connaît bien. Mais le fait que l’éclairage à semi-conducteurs avec silicone n’avait jamais produit une lumière blanche propre posait un problème, jusqu’à ce qu’une découverte réalisée par l’équipe de recherche de Group IV prouve le contraire.

La société s’est tournée vers TDDC pour combler le manque de ressources financières et de connaissances entre la recherche et la commercialisation. TDDC aide Group IV, et des sociétés comme elle, à élaborer et à mettre en oeuvre un plan d’affaires, ainsi qu’à attirer d’autres partenaires au sein d’un consortium de projet. La majorité des consortiums de projet de TDDC sont pilotés par des petites ou moyennes entreprises, qui sont le vecteur de l’innovation de l’économie mondiale.

Combler le manque de ressources financières

Le fait de faciliter le développement et la démonstration des technologies ne garantit malheureusement pas leur commercialisation. La commercialisation nécessite des investissements du secteur privé. Aux yeux des investisseurs, ces projets de technologies propres augmentent la rentabilité et offrent un rendement élevé. Bien que ses applications et sa portée soient plus larges, le marché des technologies propres pourrait être comparé à celui de la biotechnologie il y a 15 ans.

Comme tout domaine d’activité émergent, ces technologies comportent des risques intrinsèques sur le plan du rendement, qui doivent être atténués de façon à attirer les investissements du secteur privé en aval.

TDDC s’y emploie en recourant à un processus strict de diligence raisonnable pour sélectionner les technologies à soutenir et en renforçant activement la proposition d’affaires. TDDC exige pour chaque projet la participation de représentants de chaque maillon de la chaîne d’approvisionnement nécessaire à la commercialisation de la technologie. Ces partenaires varient en fonction des produits et des marchés. On compte parmi eux des chercheurs, des développeurs de produits, des fabricants, des distributeurs, des détaillants et des utilisateurs finaux. Leur participation amoindrit les risques d’échec et attire le soutien financier du secteur privé.

Aider une technologie propre à passer de la recherche et du développement à la démonstration et à la commercialisation est une entreprise complexe. De la conception à la commercialisation, l’industrie des technologies propres repose sur la participation de l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement économique pour assurer l’adoption des technologies propres à l’échelle mondiale.

Le modèle de TDDC vise à jumeler des partenaires publics/privés à grande portée. Dans ce contexte, elle collabore étroitement avec les investisseurs privés, tant en capitaux d’emprunt qu’en capitaux propres, les associations sectorielles, les entreprises et les agences gouvernementales pour renforcer l’ensemble de la structure économique.

Pour des résultats concrets

Sans aide financière ni possibilité de tirer parti de conseils externes pour la stratégie commerciale et le développement, Group IV, et une foule d’autres sociétés, aurait beaucoup plus de mal à s’imposer dans les marchés actuels, étant donné la concurrence féroce qui y règne.

Le succès peut être mesuré de plusieurs façons, que ce soit la création d’emplois ou la réduction de notre besoin de carburants non renouvelables. D’un point de vue environnemental, la mesure la plus simple consiste à calculer la réduction des gaz à effet de serre qui sera réalisée si une technologie donnée réussit. Au Canada seulement, l’adoption des produits de Group IV entraînerait une réduction annuelle immédiate des émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère.

Des sociétés comme BIOX font partie d’un secteur qui recèle un potentiel encore plus grand. Les biocarburants peuvent modifier le paradigme énergétique à l’échelle mondiale. La plupart des pays importent des combustibles fossiles. Plus les biocarburants gagneront en popularité, moins les pays seront forcés d’importer leurs combustibles et pourront plutôt les élaborer eux-mêmes. Ils réduiront ainsi leur dépendance envers le pétrole étranger, diminueront l’incidence de son transport sur l’environnement et stimuleront l’expansion de leur économie locale.

À l’avenir, l’objectif ultime devrait effectivement consister à éliminer le fossé entre les économies qui disposent de technologies propres et ceux qui en sont privés. Chaque pays devrait plutôt pouvoir appliquer les solutions qui conviennent le mieux à ses besoins et à ses objectifs.

Lors de la publication du rapport Mitigation of Climate Change, Rajendra Pachauri, président du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, a affirmé : « Il est probablement naïf de croire que le simple développement de technologies dans les laboratoires et les ateliers constitue la solution. Il faut un ensemble de politiques, il faut que les forces du marché [...] [Sinon,] nous ne pourrons concrétiser l’adoption à grande échelle des technologies, peu importe à quel point elles peuvent être souhaitables et efficaces». Tous les pays peuvent jouer un rôle et oeuvrer pour une infrastructure de technologies propres mondiale.

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