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  A. Carbone, R.Isotti - P.N.A.L.M.Archive
  A. Carbone, R.Isotti - P.N.A.L.M.Archive

L’ours brun marsican est une espèce endémique extrêmement importante des Apennins du Centre, et l’on recense aujourd’hui plusieurs animaux dans les Abruzzes, le Latium et le parc national de la Molise. De par ses caractéristiques biologiques, éthologiques et écologiques, l’ours est cependant une créature extrêmement sensible. Ce grand herbivore a besoin d’une nourriture abondante ainsi que grands espaces afin de pouvoir se déplacer librement d’un endroit à l’autre. Victime d’une véritable chute démographique, la population régionale ne compte pourtant plus que quelques douzaines d’ours. Malgré de nouvelles naissances, la population affiche un taux de mortalité élevé, dû notamment au nombre important d’animaux abattus illégalement dans les années 70 et 80.

S’il ne pose pas de danger direct pour l’Homme, l’ours s’attaque souvent aux troupeaux, aux cultures et aux ruches. La majeure partie des ours tués au cours des 20 dernières années n’ont d’ailleurs pas été victimes d’un braconnage illégal, mais de la chasse dans des zones non protégées et de l’utilisation de poisons interdits.

Comportement de l’ours

On ne connaît pas encore très bien le comportement de l’ours face aux activités humaines « hors chasse », telles que le tourisme, la circulation ou l’exploitation des ressources, mais tout laisse à penser que les ours préfèrent éviter l’Homme et n’apprécient guère l’intrusion des chasseurs et autres humains sur leur territoire. Certains animaux, plus habitués à l’Homme, constituent des exceptions et n’hésitent pas à s’aventurer dans des zones habitées en quête de nourriture. Il s’agit cependant là de comportements peu naturels, qui relèvent de la gestion du territoire.

En raison du faible volume de données disponibles, l’Office territorial de la biodiversité, une division de l’administration forestière de Castel di Sangro, a mis en chantier un programme LIFE Nature chargé de surveiller les ours. Le parc régional de Sirente Velino et la région ont également financé des projets d’amélioration de l’habitat des ours, basés sur une réduction de la présence humaine, l’augmentation des sources de nourriture et l’adoption de nouvelles procédures de gestion des forêts plus durables. Ces initiatives se sont appuyées sur des campagnes d’information et de sensibilisation auprès des populations locales.

Collecte d’informations

Face à l’absence de données scientifiques sur la population des ours bruns marsicans, un vaste programme de recherche et de collecte d’informations a récemment été lancé, aux côtés d’une campagne de protection des ours. Baptisé PATOM (Plan d’action pour la protection des ours marsicans), ce projet de suivi, de protection et de gestion des ours sera coordonné par la région des Abruzzes, avec le concours de différentes parties prenantes.

Les différents acteurs concernés ont en effet pris conscience que la gestion historique du territoire avait été beaucoup trop fragmentée et avait eu des conséquences négatives sur la protection de cette espèce. Le protocole de ce programme, qui vise à coordonner les plans, projets et mesures adoptés par les différents groupes, a été signé par le Ministère de l’environnement, l’université La Sapienza de Rome, l’Institut national de la faune et de la flore, l’administration forestière, la région des Abruzzes, le Latium et la Molise ainsi que les parcs nationaux/régionaux intéressés et les provinces et municipalités concernées.

Le PATOM entend essentiellement coordonner les mesures suivantes :

  • Suivi, étude génétique et partage des informations ;
  • Critères et procédures de dédommagement et de prévention des dégâts ;
  • Critères et procédures d’urgence ;
  • Formation des collaborateurs ;
  • Activités de sensibilisation ;
  • Cartographie et délimitation des zones ;
  • Surveillance des zones limitrophes aux parcs, conformément à l’article 32 de la loi 394/91 sur la protection des ours ;
  • Mise en place de liens avec des initiatives nationales continues, dont le programme de protection de l’ours alpin, comme point de départ du plan d’action national de protection de l’espèce ;
  • Mesures de protection spécifiques, avec répartition des compétences institutionnelles et des coûts prévus ;
  • Normes et contraintes de protection devant être incluses dans les législations nationales, régionales et locales, ainsi que dans les plans de gestion du territoire ; et
  • Relations internationales et accès aux fonds de l’Union européenne.

Le plan, qui prévoit un programme de travail à long terme entériné par tous les signataires du protocole, sera revu tous les cinq ans ou ponctuellement selon les besoins. Sur le plan international, il est indispensable d’encourager et de développer ces deux initiatives de protection de l’ours brun à l’échelle européenne et de prendre les mesures qui s’imposent en collaboration avec l’IUNC (Union internationale pour la conservation de la nature) et l’IBA (Association internationale de recherche et de gestion des ours).

D’autres initiatives de ce type sont nécessaires à travers le monde si l’on veut préserver l’héritage historique de l’Europe et remédier aux dégâts imputables à l’Homme. Les conséquences du comportement humain sont nombreuses, et seule la recherche pourra nous permettre de cerner l’envergure des problèmes. Les solutions passeront nécessairement par la mise en place de partenariats au sein de la société.

Regione Abruzzo logoW: www.regione.abruzzo.it

 
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