| L’éclairage énergétiquement efficace : un potentiel encore
mal exploité
Philips
L’avènement d’une nouvelle génération de technologies d’éclairage
énergétiquement efficace peut jouer un rôle important en matière de
réduction des émissions de dioxyde de carbone (CO2) et de
consommation d’énergie. L’Agence internationale de l’énergie a en
effet calculé que l’éclairage électrique utilisait 19 % de la production
mondiale d’électricité.
Deux remarques fondamentales s’imposent :
1) Les trois quarts des systèmes d’éclairage actuellement utilisés font
appel à une technologie obsolète et peu efficace sur le plan
énergétique, qui remonte aux années 60. Ce chiffre repose sur
l’analyse par Philips des volumes de vente et du nombre
d’installations d’éclairage existantes ; et
2) Les dix dernières années ont été marquées par une véritable
révolution en matière de technologie d’éclairage ainsi que par
l’émergence de solutions
énergétiquement efficaces. Ces
progrès, dont les médias spécialisés
se font largement l’écho, couvrent
tous les domaines de l’éclairage,
des sources lumineuses à
l’appareillage de commande et de
l’optique des luminaires aux
capteurs de commande d’éclairage
et aux diodes électroluminescentes
(DEL).
La production de 530 centrales
électriques
En sa qualité de leader mondial de
l’éclairage, Philips a évalué les
économies potentielles liées à une
telle technologie : en se basant sur
une économie moyenne, mais
réaliste, de 40 % de la
consommation d’énergie
d’éclairage, la facture commerciale
pourrait être réduite de 106
milliards d’euros par an, soit
l’équivalent de 555 millions de tonnes de CO2 ou la production de
530 centrales électriques. D’autant plus que ces nouvelles
technologies offrent un éclairage de meilleure qualité, au-delà des
simples économies d’énergie.
Il serait donc logique d’encourager, voire même d’accélérer, la
transition entre une technologie d’éclairage obsolète et les
technologies de pointe désormais disponibles sur le marché. Les taux
actuels de conversion et de modernisation restent cependant faibles
et ne représentent que 3 % par an pour l’éclairage public contre 5 à
6 % pour l’éclairage des bureaux. Ces chiffres mettent en évidence
un problème crucial : à chaque fois qu’une nouvelle technologie
d’économie d’énergie émerge, il faut presque une génération pour
qu’elle soit adoptée… donnant ainsi aux chercheurs le temps de
développer une technologie plus performante ! Qui plus est, la
technologie d’origine ne disparaît pas, mais bénéficie de remises de
prix importantes.
La réalité de ces économies potentielles prend tout son sens
lorsqu’on la replace dans le contexte d’utilisation de l’éclairage. En
termes d’éclairage de bureaux ou de bâtiments, par exemple, la
consommation d’énergie entre les technologies obsolètes et les
technologies de pointe peut varier de 30 à 70 %. Certaines
commandes d’éclairage permettent notamment d’éteindre
automatiquement la lumière d’une salle si personne n’est présent et
d’ajuster les niveaux d’éclairage des bureaux en fonction de la
lumière naturelle. Alors que ces technologies ont perdu beaucoup de
leur complexité initiale, la commercialisation de simples systèmes «
plug-and-play » prêts à fonctionner pourrait nous permettre
d’économiser jusqu’à 70 % de l’énergie que nous consommons. Il est
regrettable que seul 1 % des bâtiments, bureaux ou écoles d’Europe
utilisent un système de commandes d’éclairage.

Cette situation se reflète également au niveau de l’éclairage public,
où les villes et municipalités pourraient réaliser de substantielles
économies. La majorité des technologies d’éclairage actuellement
utilisées date des années 60. De nouvelles solutions, telles que le
système CosmoPolis, peuvent offrir des économies d’énergie de
l’ordre de 50 %, couplées à une qualité d’éclairage bien supérieure.
Elles permettent également de mieux régler les niveaux d’éclairage
via des systèmes de gradation de l’intensité lumineuse et de
détection de présence, renforçant par-là même le potentiel
d’économie. Cette approche pourrait être répétée dans le secteur
commercial, industriel et hôtelier.
Quant à l’éclairage domestique, la technologie de fabrication des
ampoules ordinaires date de plus d’un siècle. Celles-ci consomment 4
fois plus d’énergie que les solutions fluorescentes compactes qui
existent déjà sur le marché. Quelque 12 milliards d’ampoules
incandescentes se vendent pourtant encore chaque année à travers
le monde. La facture collective en termes d’énergie et de coût est
immense. En décembre 2006, Philips a lancé un appel pour que les
ampoules incandescentes soient définitivement remplacées d’ici 10
ans.
Les prochaines années devraient s’accompagner de nouvelles percées
technologiques, et l’impact de la technologie DEL devrait être
beaucoup plus sensible sur le marché des applications commerciales
et domestiques. Certaines ampoules LED décoratives permettent
par exemple déjà de remplacer les ampoules incandescentes
intérieures et extérieures, même si leur flux lumineux ne peut
encore rivaliser avec celui de l’éclairage conventionnel.
Le problème est maintenant connu et la solution est simple :
abandonner un système au profit de l’autre. Pourquoi dans ce cas les
choses n’évoluent-elles pas plus vite ?
Obstacles et solutions
Ces nouvelles technologies d’éclairage se heurtent à un manque
d’intérêt général et au coût de l’investissement initial. Mais si nous
voulons dans un premier temps lutter efficacement contre le
changement climatique, l’apathie n’est pas une option. Dans un
second temps, bien que les nouvelles technologies d’éclairage se
traduisent par de substantielles économies tout au long de vie utile,
leur coût initial est bien réel.
Une nouvelle législation s’impose afin de déterminer des critères de
performance d’éclairage minimum. Elle devra être appuyée par des
incitations fiscales visant à encourager l’adoption des nouvelles
technologies, au détriment des technologies obsolètes moins
efficaces. Les autorités locales pourraient adopter des politiques
d’achat plus écologiques et fixer des objectifs de volume de CO2 par
m? de bureau ou par km/route. Le développement de nouvelles
incitations fiscales et d’initiatives de tarification énergétique
permettrait de surmonter l’un des principaux obstacles - les coûts
d’investissement initial - et offrirait aux institutions financières ou aux
ESCO (entreprises de services énergétiques) la possibilité de
récupérer leurs investissements à partir des économies d’énergie.
Un éclairage énergétiquement efficace peut contribuer de manière
sensible à la réduction des émissions de CO2 dans notre lutte
contre le changement climatique.
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