| La compagnie forestière suédoise Sveaskog lutte contre le changement climatique
Sveaskog
Les forêts et leur exploitation sont le thème du débat d’aujourd’hui sur la lutte contre l’évolution climatique. Le soleil, grâce à la photosynthèse, stimule continuellement la production du bois, qui pourrait remplacer les produits fossiles non renouvelables. Pendant ce processus, le dioxyde de carbone est assimilé et fixé pendant une période plus ou moins longue en fonction de l’utilisation finale du bois en tant que matière première. L’évolution climatique exige inévitablement que l’on se penche sur la question de la gestion durable des forêts car c’est un élément important de la solution au problème.
Augmentation des biocarburants d’origine forestière
L’objectif ferme adopté par l’Union européenne (UE) - 20 % d’énergie renouvelable d’ici 2020 – devrait créer une demande pour 880 millions de mètres cubes de biomasse « neuve » au niveau communautaire. La biomasse du bois, utilisée comme bioénergie, est considérée neutre en carbone et quelque 250 millions de mètres cubes, soit 500 TWh viendront des forêts. Selon le Plan d’action en faveur des forêts adopté par l’Union européenne, l’exploitation de ce potentiel exigera une mobilisation plus efficace de la biomasse forestière.
La Suède nous montre comment y parvenir. Aujourd’hui, environ 44 % de l’énergie suédoise est renouvelable. Depuis 1970, la fourniture en biocarburants a augmenté de plus de 60 %. L’industrie suédoise s’est éloignée du pétrole en faveur de la biomasse et permis aux communautés locales de développer rapidement le chauffage urbain.
Ce développement n’a pas eu d’impact négatif sur l’industrie forestière. Au contraire, cette industrie réalise de bons résultats jusqu’à présent, et augmente chaque année sa production. La Suède possède moins de 1 % de la superficie mondiale de forêts, pourtant l’industrie suédoise forestière est une grande exportatrice, avec 6 % de la production mondiale de bois scié et raboté et 7 % de la production mondiale de pâte à papier.
La société nationalisée d’exploitation des forêts, Sveaskog, est l’un des plus grands propriétaires de forêts en Europe. Elle a donc à la fois une responsabilité et une opportunité face à ce nouveau défi. Sveaskog gère 3,3 millions d’hectares de forêts productives en Suède. Au plan national, c’est un grand fournisseur de grumes de sciage, de bois à pâte et de biocarburants dans les pays nordiques. La vision de la société est d’être un leader de la mise en valeur des forêts, y compris les différents services liés aux écosystèmes de la forêt. La stratégie climatique d’entreprise cherche à exprimer ce concept et inclut des objectifs de production durable ainsi que des objectifs de réduction des émissions directes.
Potentiel de croissance des forêts à valeur ajoutée…
Selon la loi suédoise sur l’exploitation des forêts, les forêts suédoises sont gérées de manière durable. La forêt suédoise se développe beaucoup plus vite qu’elle n’est exploitée. Ceci veut dire que le volume de bois des forêts augmente continuellement. Enfin, l’exploitation forestière est basée sur le principe d’égalité entre la protection de l’environnement et la protection de la production de bois.
Bien que la croissance soit importante, il existe un potentiel considérable pour augmenter la disponibilité des matières premières forestières en Suède. Une croissance plus importante, à court et long terme, est une ambition réaliste. Sveaskog estime que la généralisation de différentes méthodes déjà appliquées aujourd’hui, comme une meilleure sélection et régénération des arbres, l’utilisation plus importante des graines et la fertilisation des sites adaptés, pourraient renforcer la croissance de 20 %. Cet objectif pourra être atteint en vingt ans avec les méthodes déjà connues, en généralisant simplement les pratiques de gestion des forêts existantes et des forêts plantées.
…et des puits de carbone forestiers
Sveaskog a commandé une étude conjointe à la Swedish University of Agricultural Sciences et à des chercheurs suisses pour connaître l’impact de la forêt suédoise sur la réduction du volume de dioxyde de carbone émis dans l’atmosphère. Sur la base d’un cycle biologique, l’analyse calcule tant l’effet net du piégeage du dioxyde de carbone par les forêts que les effets du bois en tant que matière première remplaçant les produits à forte intensité énergétique et les produits fossiles. L’étude montre que le bénéfice environnemental des forêts suédoises s’élève à 14 millions de tonnes de CO2 par an en Suède et accumule pas moins de 46 millions de tonnes par an hors frontières. Ce chiffre conséquent s’explique par le fait que, d’une part, nous exportons une quantité substantielle de nos produits et que, d’autre part, les émissions liées à la production affectent la Suède. Au total, cela représente un bénéfice environnemental de 60 millions de tonnes par an ce qui équivaut au total des émissions de dioxyde de carbone de la Suède. L’étude révèle également qu’avec l’aide d’une activité forestière plus orientée croissance et une extraction de biocarburants plus développée, nous sommes en mesure d’accroître le bénéfice climatique au-delà de 100 millions de tonnes par an.
Gérer notre propre environnement
La gestion durable des forêts est l’un des éléments clé de la réalisation des objectifs climatiques nécessaires. Mais tous les acteurs doivent faire de leur mieux pour réduire les sources de leurs propres émissions directes. Le développement de l’utilisation des biocarburants dans l’industrie suédoise est un grand succès. Mais nous n’avons pas encore réussi dans un secteur spécifique. Celui du transport.
Au plan national, la consommation d’énergie du secteur du transport a d’ailleurs augmenté de 80 % depuis 1970. Et la part du secteur des transports dans le total des émissions suédoises de CO2 représente environ 45 % et continue d’augmenter. Dans le cas de Sveaskog, plus de 60 % des émissions viennent du transport du bois. Nous avons réussi à réduire les émissions de l’exploitation forestière et du transport de 15 % au cours des cinq dernières années, mais le secteur du transport reste le maillon faible. La clé du changement est de continuer à développer des biocarburants renouvelables pour le transport. L’industrie forestière devra jouer un rôle important dans la production à grande échelle des biocarburants de seconde génération, pour lesquels les technologies nouvelles seront intégrées à la production traditionnelle. Il s’agit donc d’un domaine d’investissement prioritaire pour la recherche et le développement chez Sveaskog.
W: www.sveaskog.se
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