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Accueil | Avant-propos | Björn Stigson, President, World Business Council for Sustainable Development
 
Avant-propos

Björn Stigson, President, World Business Council for Sustainable Development

Björn StigsonL’énergie est le moteur de la croissance, essentielle pour le développement économique et social. D’ici 2050, la demande en énergie pourrait doubler alors que la population augmente et que les pays en développement développent leurs économies. Avec la perspective de telles augmentations de demande en énergie débouchant sur la recrudescence des émissions de gaz à effet de serre (GHG), les actions menées pour lutter contre le changement climatique sont aujourd’hui considérées comme des priorités par de nombreux gouvernements. L’objectif est de trouver des moyens de stabiliser la concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère, de manière équitable et responsable au plan économique.

Cependant, les activités ne semblent pas se produire au rythme et avec l’ampleur nécessaires dans le monde. La priorité doit être d’améliorer l’efficacité énergétique dans l’économie internationale et de gérer les émissions de l’énergie que nous consommons. Pour atteindre ce but, plusieurs choses sont nécessaires :

  • Une prise de conscience beaucoup plus poussée dans la société quant aux problèmes liés à l’énergie et aux émissions de carbone, débouchant sur une plus grande demande en efficacité énergétique à tous les niveaux ;
  • Le déploiement complet de technologies établies d’énergie à faibles émissions de CO2 et le développement et déploiement de technologies avancées au cours des vingt prochaines années ;
  • Déploiement rapide de technologies grand public énergétiquement efficaces et pauvres en émissions de CO2, dès qu’elles deviendront disponibles, déploiement qui sera motivé par une gamme d’incitations et de stratégies basées sur le marché ;
  • Amélioration marquée de l’efficacité énergétique de la fabrication d’électricité, de la mobilité, des industries de transformation, des immeubles, des biens
    et services.

La solution doit concerner à la fois les économies développées et en développement, et donner aux entreprises la confiance nécessaire pour investir dans des projets énergétiques peu émetteurs de carbone. Pour que de nombreuses technologies peu émettrices et non émettrices de carbone puissent s’affirmer sur le marché, il faut établir une valeur pour la réduction à long terme des GHG. Avant d’investir, les entreprises examinent l’avenir. Elles évaluent l’offre et la demande à long terme pour leurs produits, étudient les conditions économiques actuelles, y compris les structures fiscales et les cadres réglementaires, et définissent ensuite une stratégie d’investissement. Les entreprises ont besoin de recevoir des signaux clairs de la part des gouvernements quant à la direction que nous empruntons.

Un cadre international sur le changement climatique doit se focaliser sur plusieurs grands facteurs. Ces facteurs doivent soutenir les efforts locaux, régionaux et nationaux déjà lancés et motiver les principales technologies. Un objectif international à long terme à propos des émissions est essentiel, et doit inclure :

1. Une feuille de route à long terme qui établit le contexte de tous les efforts au plan international

2. Un fonds international des technologies propres axé sur le développement des technologies énergétiques

3. Un ensemble d’outils et de mécanismes dont une structure permettant aux marchés nationaux et régionaux du CO2 (GHG) de s’associer et l’établissement d’un coût unique du CO2 ainsi que la création d’un accès équitable aux opportunités actuelles de réduction au coût le plus bas

4. Une législation nationale (ou régionale comme en Europe) créant des structures réglementaires qui couvriront dans l’avenir la plus grande partie des émissions de GHG dans le monde

5. La réduction des émissions d’autres gaz à effet de serre : le changement climatique n’est pas seulement lié au CO2

6. Un certain niveau d’adaptation car une partie du changement climatique est déjà accomplie et irréversible à cause des émissions historiques et futures (même si elles diminuent)

Une structure comme celle-ci permettrait aux gouvernements de ne pas prendre de mesures n’ayant aucun sens pour les entreprises. Elle donnerait également aux entreprises la possibilité de prendre une partie légitime du travail à accomplir, des risques qui l’accompagnent et des opportunités qui se présenteront lorsqu’on lancera de manière plus rapide et plus complète les actions de lutte contre le changement climatique. Point positif : le secteur mondial des affaires est prêt à relever ce défi.

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