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Vers l’avant : gestion des risques climatiques

Organisation Météorologique Mondiale

La sécurité alimentaire, la disponibilité d’eau fraîche, la réduction de l’impact des catastrophes naturelles, les migrations et la santé publique dépendent tous fortement de la variabilité et des changements climatiques. La capacité de la société à s’adapter dépend directement de sa capacité à comprendre la multitude des impacts sur les communautés locales et à gérer les risques qui y sont associés. L’organisation météorologique mondiale (OMM), avec la collaboration de ses partenaires internationaux et des services météorologiques et hydrologiques nationaux (NMHS) de ses 188 membres, œuvre à mettre en place un cadre pour la gestion de ces risques à la lumière de l’évolution du climat.

L’objectif principal est de protéger les individus et leurs biens, particulièrement au sein des communautés vulnérables, contre les risques toujours croissants provenant des changements climatiques. Il est généralement accepté aujourd’hui que les activités humaines modifient le climat à un taux de plus en plus alarmant. Les émissions de gaz à effet de serre réchauffent la surface de la planète. Outre la diminution de ces émissions, l’adaptation représente une composante essentielle de toute mesure relative aux changements climatiques.

Signes actuels des changements climatiques

Les observations au niveau mondial, particulièrement à partir de l’espace, ont indiqué un déclin mondial marqué dans la couverture de glace et de neige qui disparaît de plus en plus tôt au printemps. La glace de l’océan arctique disparaît elle aussi, particulièrement pendant l’été, le permafrost décroit et les glaciers sont en retrait. Les importantes zones côtières des calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique s’amenuisent. Les effets de ces changements sont spectaculaires, menant à des changements dans les tendances climatiques et à une élévation du niveau de la mer.

La reconnaissance de l’importance du changement climatique et de ses impacts au cours des dernières décennies n’a pas été immédiate. En 1976, l’OMM a publié le premier rapport officiel sur l’accumulation de dioxyde de carbone dans l’atmosphère et sur les impacts potentiels sur le climat terrestre. Depuis, l’OMM a été le fer de lance d’efforts visant à galvaniser la communauté internationale sur cette importante question.

En 1979, l’OMM a organisé la première conférence mondiale sur le climat, à la suite de laquelle l’OMM et le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) ont conjointement établi le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) en 1988. La conférence a également poussé l’OMM et ses partenaires internationaux à établir le Programme mondial de recherche sur le climat. L’OMM a joué un rôle clé dans la création de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), qui a fait suite à la Seconde conférence mondiale sur le climat en 1990. La seconde conférence a également mené à l’établissement, par l’OMM et des organisations partenaires, du Système mondial d’observation du climat (SMOC) facilitant le recueil systématique d’observations sur le climat mondial.

Par le biais de ses programmes et de programmes communs avec des organisations partenaires, l’OMM a été un fournisseur important d’informations scientifiques et techniques relatives aux changements climatiques. Le GIEC en particulier est aujourd’hui largement reconnu non seulement comme un important groupe scientifique et technique mais également comme un instrument mondial de la paix. En 2007, le comité norvégien du prix Nobel a décerné son prix prestigieux au GIEC, conjointement à l’ancien vice-président américain Al Gore, «pour leurs efforts menés pour développer et disséminer un plus grand savoir sur les changements climatiques apportés par l’homme, et pour poser les bases de mesures nécessaires pour contrebalancer ces changements.»

Qu’attendre de l’avenir?

Depuis 1988, le GIEC a fourni des rapports officiels réguliers évaluant la situation du climat mondial et réalisant des prédictions concernant l’avenir. Dans son quatrième rapport d’évaluation, paru en 2007, le GIEC a conclu que le climat mondial se réchauffe à une vitesse alarmante, très probablement en raison des activités humaines, principalement la combustion de carburants fossiles et l’agriculture. Le rapport indique également que l’impact de ce réchauffement s’intensifiera pendant les décennies à venir: élévation du niveau de la mer due à l’expansion thermique du réchauffement des océans et de la fonte de la calotte glaciaire; températures plus élevées de la surface terrestre avec d’importantes variations régionales; et une variation accrue dans les tendances climatiques relatives au vent et aux précipitations, menant à des inondations et des sécheresses plus fréquentes et plus importantes.

Notamment, il est très probable que des évènements climatiques extrêmes deviendront encore plus fréquents, répandus et intenses pendant le 21ème siècle. Au cours des 50 dernières années, les évènements hydrométéorologiques extrêmes, tels que les tempêtes, les inondations et les sécheresses, ont représenté près de 90% de toutes les catastrophes naturelles. Avec les projections du GIEC indiquant une augmentation probable de ce type d’évènements, la capacité d’anticiper et de répondre aux catastrophes naturelles est cruciale, surtout dans les pays moins développés et les petits états insulaires en voie de développement, particulièrement vulnérables aux évènements climatiques et météorologiques extrêmes. Alors que ces pays sont parmi les moins responsables de la production d’émissions menant aux changements climatiques, ils possèdent très peu de ressources pour se préparer contre les catastrophes naturelles. Tous les pays, et particulièrement les plus vulnérables, doivent avoir le pouvoir de réduire les risques liés aux catastrophes naturelles.

Organisation de la préparation

Les risques naturels ne peuvent être évités, mais le renforcement des capacités des NMHS peut aider à réduire de manière significative les décès et la destruction trop souvent associés à ces catastrophes. Au fil des années, l’OMM a contribué à des mesures de prévention et de préparation, dont l’évaluation des risques, la planification et la réponse aux urgences, et l’opération de systèmes d’alerte pour tous les types de risques. Le plan d’action et de réduction des catastrophes de l’OMM est un exemple de ce type d’efforts. Mis en œuvre par le biais de projets nationaux et régionaux, il vise à l’intégration des prédictions et informations relatives au climat dans la réduction des risques de catastrophes à tous les niveaux.

Autre question d’une importance vitale pour les communautés dans le monde est la sécurité alimentaire et les ressources en eau face à un climat en évolution. La diminution de la couverture de glace mondiale, accompagnée par des changements dans les précipitations, touche les ressources mondiales d’eau douce. La possession de ressources en eau deviendra de plus en plus sujette à des controverses, particulièrement dans les régions avec des ressources déjà limitées. Un réchauffement du climat aggravera également la désertification et la sécheresse dans plusieurs parties du monde, provoquant un impact sur l’agriculture. Les responsables de l’eau et de l’alimentation requièrent des prédictions climatiques pour les guider dans leurs efforts futurs.

Outre la question de l’eau et de l’alimentation, les changements climatiques ont aussi un impact direct sur la santé. L’accroissement des températures provoque une augmentation des cas de malaria et autres maladies à vecteur. Particulièrement dans les pays en voie de développement, des informations relatives au climat sont nécessaires pour planifier des stratégies de santé publique permettant d’éviter ces maladies.

Un autre défi faisant face aux communautés locales sera la modification des circuits de migration. La dégradation agricole, les catastrophes naturelles et le risque posé par les maladies, de même que l’élévation du niveau de la mer, sont susceptibles d’accroître les migrations provoquées par le changement de climat. Avec ce mouvement de population, au niveau national ou international, les zones urbaines d’accueil seront incapables d’abriter, nourrir ou employer tous les migrants. Une telle situation pourra accroître le risque de conflit relatif à la nourriture, l’eau et l’énergie.

Ces questions soulignent l’important besoin d’utiliser des informations et prédictions climatiques pour le développement de politiques socio-économiques et une prise de décisions en général. Avec ceci à l’esprit, le quinzième Congrès météorologique mondial, tenu à Genève en mai 2007, a accepté de convoquer la troisième conférence mondiale sur le climat (WCC-3) en 2009. La conférence, qui se tiendra du 31 août au 4 septembre 2009, vise à améliorer les informations relatives au climat pour la prise de décisions, à mieux planifier et mieux s’adapter aux futurs changements climatiques.

Une interaction plus étroite est nécessaire entre les personnes générant les informations sur le climat et celles qui ont besoin de ces informations pour prendre des décisions. La WCC-3 souhaite promouvoir cette coopération et améliorer l’utilisation des services climatiques. Les Services Météorologiques et Hydrologiques Nationaux (SMHN) doivent pouvoir mieux comprendre les besoins des utilisateurs et ainsi adapter leurs services et informations relatifs au climat à ces besoins. Par le biais de la WCC-3 et d’autres efforts concertés, l’OMM œuvre à s’assurer que des services efficaces concernant le climat sont à la disposition de tous - un groupe d’outils facilitant adaptation et prévision pour une planète en évolution.

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