| PNUE souligne les exigences consécutives à Poznań
United Nations Environment Programme -
Achim Steiner, UN Under Secretary-General and UNEP Executive Director
Les présidents et premiers ministres doivent être applaudis pour les mesures coopératives prises pour venir en aide au secteur bancaire mondial au cours des derniers mois, mesures qui semblent porter des fruits. Une action coordonnée similaire et une intervention internationale sont requises pour éviter une crise du carbone croissante menaçant d’hypothéquer l’avenir non seulement de cette génération, mais de la suivante également.
Des carottes glaciaires récemment prélevées en Antarctique indiquent que les gaz à effet de serre dus à la combustion de carburants fossiles pourraient se trouver au niveau le plus élevé depuis 800 000 ans. Il reste peut-être 7 à 15 ans avant de devoir entamer une réduction spectaculaire et soutenue de ces émissions afin de stabiliser l’atmosphère et retirer l’épée de Damoclès pesant sur plus de six milliards d’individus.
Décisions pour l’avenir
Le test décisif se trouve ici à Poznań, en Pologne, lors des négociations à la convention des Nations unies sur le climat. Celle-ci marque le mi-chemin du programme de Bali convenu, dans des circonstances assez euphoriques en Indonésie l’année dernière, avec comme objectif un nouveau accord mondial pour le climat. Le parcours se termine à Copenhague en 2009, où des décisions sérieuses, décisives et, surtout, équitables, pour combattre les changements climatiques doivent être prises. L’impact est potentiellement monumental, évitant une catastrophe tout en préparant le terrain pour une économie verte mondiale, capable de créer de nouveaux emplois, un développement écologique solide ainsi qu’un nombre croissant d’entreprises tournées vers la conservation et utilisant des technologies propres.
C’est véritablement d’un New Deal vert mondial, tourné vers la croissance, qui est requis. Des signes suggèrent que cette transition est en cours, des signaux qui devraient renforcer et aiguiser la résolution internationale à Poznań et au-delà. Plus de 30 états aux USA ont à présent des cibles d’énergie renouvelable et le crédit d’impôt à l’investissement a été prolongé pour huit ans pour l’énergie solaire, offrant un certain niveau de certitude dans cette période incertaine.
Cette année, l’Union européenne (UE) a déjà convenu à l’unanimité d’atteindre des cibles de réduction des émissions de 20% d’ici 2020 ; de 30% si d’autres suivent l’exemple. Le parlement européen a voté le mois dernier pour exiger de la majorité des secteurs industriels une réduction de plus d’un cinquième des gaz à effet de serre d’ici 2020, dans le cadre d’une révision du système européen d’échange de quotas d’émissions.
Parfaits exemples
La Chine a doublé les impôts, à 40%, pour les voitures à grande consommation d’essence et a abaissé à 1% ceux des véhicules à petits moteurs, tout en sévissant contre les projets à actifs immobilisés, tels les centrales électriques, ne respectant pas les nouvelles normes énergétiques nationales. Le plan d’action national de l’Inde concernant les changements climatiques promeut la forte augmentation des énergies renouvelables, de l’efficacité énergétique et de la sylviculture, et le gouvernement ferme les centrales à charbon inefficaces. L’Afrique du sud considère un objectif national voyant les émissions de gaz à effet de serre atteindre leur niveau maximum en 2025, avant une réduction.
Entre-temps, près de 3 000 projets de développement propre sont enregistrés ou sur le point de l’être, dans le cadre du Protocole de Kyoto des Nations unies. Les pays qui étaient précédemment exclus de ces programmes dans des régions telles que l’Afrique sub-Saharienne, commencent à être impliqués. C’est un début, mais ce n’est pas suffisant.
Nous incitons les gouvernements à concentrer les programmes actuels de motivation d’une valeur de plusieurs milliards sur l’économie verte plutôt que sur l’ancienne économie vieille et brune. Les investissements dans l’infrastructure énergétique, des « réseaux intelligents » et des compteurs aux initiatives nationales isolant les logements et améliorant leur efficacité énergétique, offriront des avantages économiques et une croissance de l’emploi tout en combattant les changements climatiques.
Une augmentation septuple évaluée, soit plus de 70 milliards d’euros dépensés actuellement pour modifier tous les logements européens, pourrait réduire leurs émissions des trois-quarts et générer plus de 2,5 millions d’emplois à plein temps. L’encouragement de la création d’énergie propre et renouvelable par le biais de dépenses publiques, allégements fiscaux, prix préférentiels garantis et autres mécanismes commerciaux devra également être intensifié. Ces mesures sont déjà efficaces dans certains pays et elles devront être adoptées partout dans le monde.
Près d’un demi-million de personnes sont déjà employées dans les secteurs mondiaux de l’énergie solaire et éolienne – probablement plus d’un million si l’on inclut le secteur du chauffage par énergie solaire en Chine et ailleurs. Avec une relance efficace de l’emploi dans ces secteurs, ce chiffre pourrait grimper à plus de 8,5 millions d’ici 2030. Il s’agit également d’une politique bénéfique pour les pauvres. Les technologies d’énergie propre sont peut-être la manière la plus rapide et la plus rentable d’offrir de l’énergie aux deux millions de personnes, principalement des personnes au-dessous du seuil de pauvreté, n’y ayant pas accès. Celles-ci sont quelques-unes des mesures concrètes prévues pour relancer l’économie et les marchés mondiaux, avec une croissance réduite du carbone.
Un capital politique et intellectuel supplémentaire doit être utilisé à Poznań, avec des conclusions concrètes et des résultats tournés vers l’avenir. Ceci comprend une vision à long terme de mesures coopératives relatives au climat, soutenues par le milieu financier, afin de mobiliser les marchés et les trillions de dollars requis. Un progrès solide est nécessaire pour mettre fin à la déforestation représentant aujourd’hui près de 20% des émissions. Si les gouvernements recherchent des programmes de motivation importants et à long terme, il leur suffit de considérer les véritables succès réalisés à Poznań et suivis par un important New Deal vert mondial à Copenhague.
Ces derniers se révèleront être les meilleurs antidotes contre la dette de carbone qui s’accumule beaucoup trop rapidement, et contre le malaise économique actuel. Toute mesure inférieure à cela démontrera que l’intérêt donné aux besoins de six milliards d’individus, en passe de devenir neuf milliards, reste de pure forme, et mettra en veilleuse les opportunités actuelles de transformer l’économie.
E: nick.nuttall@unep.org
W: www.unep.org
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