| Les énergies renouvelables :
lutter contre les changements climatiques et d’œuvrer pour la sécurité énergétique
European Renewable Energies Federation
Même s’il y a plus de deux décennies déjà les experts faisaient part de leurs inquiétudes quant aux impacts négatifs potentiels d’une augmentation de l’industrialisation et de l’activité humaine sur les changements climatiques, il est à noter que cette corrélation entre “changements climatiques” et activité humaine n’est que très récente, et aujourd’hui largement diffuse parmi les politiciens et les citoyens à travers la planète. Heureusement, ce consensus sur la nécessité d’agir de manière opportune a déjà porté ses fruits, même si la récolte n’est pas toujours aussi fructueuse qu’escomptée.
En tant que l’un des premiers fers de lance dans les batailles menées contre les changements climatiques, l’Union Européenne (UE) possède deux instruments principaux à sa disposition : le commerce des quotas d’émission et les énergies renouvelables. Jusqu’à présent, ces dernières l’ont emporté sur les précédentes en terme de réduction efficace des émissions.
Vers une diminution des émissions
En vertu du Protocole de Kyoto, l’UE a pour objectif de réduire de 8 % ses émissions de CO2 entre 1990 et 2012, soit une période de 22 années au total. Le nouvel objectif adopté en matière de protection du climat impose à l’UE d’augmenter son seuil de réduction de 12 % sur une période de seulement huit années, à savoir entre 2012 et 2020. Au début de l’année 2007, le seuil atteint par les 25 pays membres de l’UE eu égard aux 8% exigés par le Protocole de Kyoto n’avoisinait que les 1 %. Il semble évident que la contribution du Système communautaire d’échange de quotas d’émission (ETS, ou European Emission Trading scheme), le plus important système au monde d’échange de quotas d’émission de gaz à effet de serre et opérationnel depuis 2005, s’est avérée jusqu’à présent plutôt limitée. Les premières années d’échange de quotas d’émission ont également révélé plusieurs défauts et des développements non souhaités, tels que des profits monstres inattendus pour certains des plus grands fournisseurs d’électricité, ceci au détriment des consommateurs d’électricité. La révision actuelle en cours du dispositif européen ETS, et plus spécifiquement la mise aux enchères envisagée des certificats d’émission s’avère par conséquent hautement nécessaire. Reste à savoir maintenant si le concept reconsidéré du dispositif ETS se révèlera à l’avenir être un instrument efficace.
Par contraste, la promotion continue et le déploiement des énergies renouvelables (ER) en Europe a eu un impact nettement plus important au cours des ces dernières années, dans la mesure où elles ont ainsi contribué à multiplier par deux la réduction des émissions. D’un côté, la quantité d’énergie produite à partir des ER remplace la quantité équivalente d’énergie produite à partir de sources conventionnelles. Et de l’autre côté, les émissions qui découlent du processus de production énergétique à partir du vent, de l’eau, du soleil, de la biomasse ou de l’énergie géothermale, sont insignifiantes par comparaison aux émissions découlant de la production énergétique issues de sources conventionnelles. En Allemagne, par exemple, environ 115 000 tonnes de CO2 pourraient être évitées en 2007 en recourant aux ER. En Espagne, les prévisions misent sur 39 000 tonnes de CO2 pouvant être évitées jusqu’en 2020 avec le recours à la technologie solaire photovoltaïque.
Les échanges de quotas versus les énergies renouvelables
Sur le plan international, les ER ont l’avantage sur les autres énergies car, du fait de leur disponibilité, leur exploitation est viable dans tout pays du globe. Leur déploiement peut être facilement mis en avant par des politiques nationales adéquates, qui sont bien plus faciles à créer et à instaurer que les accords multinationaux, comme ont pu le démontrer les négociations de Kyoto ou de Bali. Un système d’échange d’émission bien conçu peut s’avérer un instrument important dans la lutte contre les changements climatiques, mais face au manque d’enthousiasme politique dont font preuve certains gouvernements des pays hautement émetteurs, à court terme, il ne s’agit pas là d’une solution internationale.
Par contraste, passer d’une fourniture énergique classique aux ER représente une réelle solution qui peut être implantée partout dans le monde : le développement des ER ne nécessite pas d’accords internationaux complexes, et, mis à part ses effets positifs sur le climat, c’est une solution encore plus attrayante lorsque l’on prend en considération les nombreux autres avantages rattachés aux ER. Il est évident que tôt ou tard le monde va devoir changer son approche énergétique – non seulement pour des raisons de changements climatiques mais également pour de nombreuses autres raisons telles que les contraintes liées aux ressources, la sécurité énergétique, la croissance économique ou la pauvreté.
Nombre de ces défis peuvent être relevés en passant d’un système de fourniture énergétique classique (essentiellement centralisé) à un système de fourniture énergétique décentralisé, fondé sur les ER. L’attention portée au développement national des ER et à leur production aboutira à :
- contribuer de façon significative à réduire la dépendance des pays
aux importations de combustibles fossiles, en augmentant en
parallèle la sécurité nationale de l’approvisionnement énergétique,
- assister les zones rurales les moins développées en termes de
créations d’emplois ou simplement d’électrification, et plus
spécifiquement au sein des pays en voie de développement, et
- dynamiser l’économie rurale en créant de nouveaux emplois
hautement qualifiés au sein des entreprises centrées sur les ER et
le secteur de la fourniture d’énergie.
De nombreux pays au sein de l’Union Européenne, sous l’impulsion évidente de l’Allemagne et de l’Espagne, mais également l’Inde et la Chine, et certains états progressistes aux États-Unis, montrent que ces effets deviennent réalité lorsqu’il s’agit d’aider les ER à s’implanter sur le marché en adaptant des politiques adéquates. Dans tous les pays engagés, les ER ont abouti à l’émergence d’une industrie devenue un facteur économique important pour les bienfaits de l’économie dans son ensemble et le climat planétaire.
E: info@eref-europe.org
W: www.eref-europe.org |